Sonnet
XXIII
La plaie que, depuis le temps des cerises …
La plaie que,
depuis le temps des cerises
je garde en mon
cœur s’ouvre chaque jour.
En vain les lilas,
les soleils, les brises
viennent caresser
les murs des faubourgs.
Pays des toits
bleus et des chansons grises
qui saignes sans
cesse en robe d’amour
explique pourquoi
ma vie s’est éprise
du sanglot rouillé
de tes vieilles cours.
Aux fées
rencontrées le long du chemin
je vais racontant
Fantine et Cosette.
L’arbre de l’école,
à son tour, répète
une belle histoire
où l’on dit : demain …
Ah ! jaillisse
enfin le matin de fête
où sur les fusils
s’abattront les poings !



