Qui était Du Bellay ?
Un sonnet en hommage à Lyon
traversé lors de son voyage vers Italie
CXXXVII
Scève, je me trouvay comme le fils d’Anchise
Entrant dans l’Elysee, et sortant des enfers,
Quand apres tant de monts de neiges tous couverts
Je vy ce beau Lyon, Lyon que tant je prise.
Son estroite longueur, que la Sône divise,
Nourrit mille artisans, et peuples tous divers :
Et n’en déplaise à Londre, à Venise, et Anvers,
Car Lyon n’est pas moindre en fait de marchandise.
Je m’estonnay d’y avoir passer tant de courriers,
D’y voir tant de banquiers, d’imprimeurs, d’armuriers,
Plus dru que l’on ne voit les fleurs par les prairies.
Mais je m’estonnay plus de la force des ponts,
Dessus lesquelz on passe, allant delà les monts,
Tant de belles maisons, et tant de metairies.
Du Bellay, Les Regrets, 1558, sonnet 137, éloge de Lyon
Lyon au XVIe siècle
