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mardi 5 juillet 2016

Le Baiser de Rodin (1889)


"Le Baiser" de Rodin

Rodin, Auguste (1840 -1917), sculpteur français,

« Le Baiser » (1882-1889), taillé dans le marbre par Jean Turcan,

créé pour l’Exposition universelle de Paris de 1889.

Statue en marbre, 181,5 × 112,5 × 117 cm, musée Rodin, Paris.


La source d’inspiration du sculpteur est « L’Enfer » de « La Divine Comédie », poème de Dante Alighieri (1265-1321). Paolo et Francesca, amants qui lisaient l’histoire de Guenièvre et Lancelot, furent surpris et tués par le mari jaloux de Francesca. Ils furent envoyés aux enfers pour leur adultère. Rodin a placé le livre des exploits de Lancelot dans la main gauche de Paolo. L’artiste avait d’abord intitulé sa statue « Francesca da Rimini », mais suivant les conseils des critiques d’art, il changea le titre afin que le couple devienne universel. Ce qui frappe dans la posture de ce couple nu, assis et enlacé, c’est l’ardeur et la sensualité de cet embrassement des corps qui sont reliés en harmonie des courbes et des gestes. Cette statue est l’expression même du désir et de la félicité des amants. Rodin était fort épris de son élève Camille Claudel au moment où il travaillait à sa sculpture et cela se ressent.

 Auguste Rodin et Camille Claudel

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Anthologie de la poésie amoureuse

lundi 4 juillet 2016

Lotto, Lorenzo, peintre italien, (1480-1556), Vénus et Cupidon, 1526



A la gloire de Vénus

Vénus et Cupidon : un malicieux tableau de mariage où Cupidon urine,
 comme le Manneken-Pis de Bruxelles, sur Vénus,
 à travers la couronne de myrte qu’elle tient à la main droite.




Lotto, Lorenzo, peintre italien, (1480-1556), Vénus et Cupidon,
huile sur toile, 1526, épithalame (tableau de mariage),
92.4 cm × 111.4 cm. Metropolitan Museum of Art, New-York.

Commentaire

Lotto aimait employer des symboles. Coiffée du diadème et du voile blanc des mariées de la Renaissance italienne, Vénus est étendue sur un drap bleu qui exprime la fidélité, la chasteté, la loyauté. Un coquillage, symbole traditionnel de la déesse, est accroché au-dessus de sa tête. Les pétales de rose blanche évoquent la virginité. Le lierre qui s’enroule autour du tronc de l'arbre, derrière la déesse, est l’image de la fidélité conjugale. Elle tient, au bout d’un ruban bleu, une couronne de myrte (parure de mariage) à laquelle est suspendue une cassolette d’encens brûlant : objets traditionnels de la chambre nuptiale. Le geste de Cupidon, en putto ailé qui urine à travers la couronne, est un symbole érotique de fertilité qui ne manque pas d’humour et d’audace. La déesse semble protéger les futurs époux des dangers de l’infidélité, car on aperçoit un bâton et un serpent au tout premier plan.
 

mercredi 4 mai 2016

Louise de La Vallière (Sonnet au roi) plainte par Ninon de Lanclos (Tendre victime) : poésie féminine au XViie siècle



Louise de La Vallière 

Françoise Louise de La Baume Le Blanc (Tours, 6 août 1644 - Paris, 6 juin 1710), demoiselle puis duchesse de La Vallière et de Vaujours,
 fut la première maîtresse officielle de Louis XIV. 
Après sa disgrâce, elle entra au Carmel.



  



                                                 
Voici le sonnet que la si discrète et sincère Louise écrivit à son royal amant lorsqu'elle fut disgraciée au profit de Madame de Montespan. Elle avait donné au roi cinq enfants dont deux furent légitimés. Après des excuses publiques à la reine, elle se retira à vie au couvent des Grandes-Carmélites. Le 3 juin 1675, elle prononça ses vœux perpétuels, prenant le nom de Louise de la Miséricorde.
                                                
                                             Sonnet au roi (1667)

 
Tout se détruit, tout passe, et le cœur le plus tendre

Ne peut d'un même objet se contenter toujours,

Le passé n'a point eu d'éternelles amours,

Et les siècles suivants n'en doivent point attendre ;



La constance a des lois qu'on ne veut point entendre,

Des désirs d'un grand Roi rien n'arrête le cours,

Ce qui plaît aujourd'hui déplaît en peu de jours,

Son inégalité ne saurait se comprendre ;



Tous ces défauts, grand Roi, font tort à vos vertus ;

Vous m'aimiez autrefois, mais vous ne m'aimez plus,

Mes sentiments, hélas ! diffèrent bien des vôtres...



Amour à qui je dois et mon mal et mon bien,

Que ne lui donniez-vous un cœur comme le mien,

Ou que n'avez-vous fait le mien comme les autres !

Louise de La Vallière 


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Ninon de Lenclos (1620-1705)

 Courtisane, femme d'esprit, 
épistolière et femme de lettres française.

Quand Ninon plaint Louise...


Tendre victime...

Tendre victime, aimable Lavallière,
Qu'Amour en pleurs suit encore aujourd'hui
Sous le cyprès de ce bois solitaire,
Quels noirs chagrins ont troublé ta carrière !
Que ton éclat s'est vite évanoui !
Aussi pourquoi, trop douce et trop sincère,
T'avisais-tu d'aimer un roi pour lui ?
De cet abus tu vois quelle est la suite !
En y cédant on se voue à l'ennui ;
On vit en dupe, et l'on meurt carmélite.

Ninon de Lenclos

(Dans le volume 5 de la Petite Encyclopédie poétique de Philipon de la Madelaine (1804)